Poesias de Dom Pedro II/54
STANCES
à Sa Majesté D. Pedro de Alcantara.
Poésie par Monsieur Alfred Theulot.
Qui les voilà brisés, ce curcan, cette chaîne,
Voilà tous les enfaus de la famille humaine,
Réconciliés dans la loi.
Et cette œuvre de paix, de sublime justice,
La plus belle action que ce siècle accomplisse,
Pédro, nous la devous à toi.
C’est toi qui nous a fait ce qu’aujourd’hui nous somines,
En rappelant les uus au droit d’être des hommes,
Et les autres à leur devoir;
Deux fois libérateur, puisque tes mains si chères
Ont noblement soustrait l’esclave à ses misères,
Nous à la honte de les voir.
Quel changement! Hier c’était la barbarie;
L’existence, en naissant, prisonnière et meurtrie,
Sans repos à la fiu du jour;
Le ciel sans cet air pur que l’homme libre aspire;
La maison saus foyer, les enfans saus sourire,
Et leur mère, helas! sans amour!
Maintenant, c’est la joie universelle, immense;
Les hivers sont passés; le printemps recommence;
L’âge d’or vient à grands pas.
L’espérance partout comine une aube se lève,
Eveillant doucement de leur terrible rêve
Ceux qui ue la connaissaient pas.
Laisse à d’autres, Dom Pédro, one gloire usurpée;
Qu’ils brandissent vainqueurs leurs homicides épées,
Devant le monde épouvanté.
Leur nom s’éfface ainsi que du sang dans le sable;
Et toi, pour que le tien demeure impérissable,
C’est assez d’un mot: liberté!
A bord du Congo,le 9 Août 1888.
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This work was published before January 1, 1930, and is in the public domain worldwide because the author died at least 100 years ago. |